Baisse des prix catastrophiques pour les agriculteurs

Publié le 25 Avril 2010

La PAC a été  le ciment de l’Europe. Ses outils de régulation, qui organisaient et protégeaient le marché commun, donnaient des perspectives d’avenir aux agriculteurs européens et leur permettaient de vendre leurs productions à des prix rémunérateurs tout en permettant aux consommateurs de bénéficier d’une alimentation sans cesse plus sûre et moins chère.

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Ces outils ont été progressivement démantelés sous l’influence du GATT puis de l’OMC, entraînant une baisse des prix catastrophiques pour les agriculteurs dont la disparition s’est accélérée, alimentant le chômage, la hausse du budget agricole européen et celle des prix à la consommation.
 

Les notions d’avantages comparatifs et de compétitivité économique appliquées à l’agriculture ont amené la spécialisation avec les concentrations d’élevages hors-sol (Bretagne, Pays-Bas) et la rupture avec les assolements agronomiques pouvant aller jusqu’à la monoculture.

 

Il en résulte des abandons de parcours pastoraux et donc des risques d’incendie de forêts, des utilisations importantes de produits phytosanitaires, des prairies retournées exposant les terres à l’érosion, etc. Cette évolution a ainsi provoqué de gros dégâts à l’environnement.

Des aides de plus en plus découplées ont été mises en place pour compenser la baisse des prix. L’inefficacité de la PAC malgré son coût important est un constat d’échec largement partagé. La PAC n’offre plus de vision à moyen et long terme et les agriculteurs sont livrés à la concurrence sauvage du marché mondial.

 

On comprend donc la vaste mobilisation européenne des producteurs de lait, à qui on refuse le droit de vendre leur produit à un prix supérieur à leur coût de revient.

La disparition d’un grand nombre d’agriculteurs nuit à l’économie européenne et à l’occupation harmonieuse de nos territoires, et porte atteinte à notre sécurité alimentaire (quantitative et qualitative).

 

L’UE est en fait importatrice nette de produits agricoles ; cette réalité est niée au plus haut niveau politique et cachée à l’opinion publique, à qui on rappelle régulièrement que l’agriculture européenne a une vocation exportatrice !

Même si les données, lorsqu’elles viennent d’Eurostat, sont complexes, très approximatives et traitées au niveau des échanges soit de produits alimentaires, soit de produits agricoles, toutes aboutissent au même constat d’un déficit global allant en s’aggravant.

 

Entre 2000 et 2008, les déficits de la balance européenne ont été en moyenne de 8,1 milliards € pour les échanges de produits agricoles et de 11,33 milliards € pour les échanges de produits alimentaires.

Beaucoup des importations ne respectent pas nos normes (environnementales, sanitaires, etc.). Ainsi, 75 % de nos besoins en protéines pour l’alimentation animale, 25 % de notre sucre, 20 % de notre viande ovine et caprine, sont importés.

 

Face à cette réalité incontestable et dangereuse, il faut remettre radicalement en cause les choix opérés depuis 1992 au nom de nos prétendus excédents.

 

GATT =General agreément on Tariffs trade ( en français Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce)

OMC =Organisation mondiale du Commerce

PAC = Politique Agricole Commune

Rédigé par Didier

Publié dans #Europe

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Marc 27/04/2010 20:31