Crise du secteur d'élevage face au céréalier et la PAC

Publié le 5 Mai 2011

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Accord d'engagement de prise en compte des variations excessives des prix de l’alimentation animale dans les négociations commerciales.

Après une chute vertigineuse, au cours des 25 dernières années, les cours des céréales ont repris un niveau qui permettrait aux exploitations en grandes cultures d'envisager une gestion saine de leurs productions. 

Le rétablissement du secteur céréalier accroît la crise des secteurs d'élevage qui ont été hélas formatés pour fonctionner avec des prix de céréales trop bas et qui ne peuvent pas répercuter les hausses de leurs charges sur leurs prix de vente.

Cherchez l’erreur !

Les fournisseurs d’aliments des éleveurs sont par définition les producteurs de grains. Mais aujourd'hui notre réglementation oblige tout éleveur à se fournir en grains auprès d'un organisme collecteur dont l'intervention commerciale alourdit économiquement le dispositif.

Face à l’augmentation des cours des céréales et au prix très bas des viandes, les éleveurs se retrouvent dans une situation financière désastreuse. Pour y remédier, le Ministre de l’Agriculture avait demandé aux syndicats de proposer des solutions.

C’est finalement une option inutile qui a été adoptée hier : un simple engagement d’étude de l’introduction de clauses de révision des prix de vente des viandes en fonction de la variation des prix de l’aliment.

Les éleveurs ne doit pas accepté de signer l’accord proposé par le Ministre de l’Agriculture, accord par lequel les différentes parties - du producteur au distributeur - des filières de viandes porcines, bovines et de volailles « s’engagent à étudier l’introduction dans les futurs contrats commerciaux » des clauses de révision des prix de vente de ces viandes en cas de forte variation des prix de l’aliment.

Cet accord de salon, signé par la FNSEA, les transformateurs et les distributeurs ne peut convenir à la situation de jungle économique dans laquelle les réformes successives de la Politique Agricole Commune ont plongé l’agriculture.

Au mieux il sera inutile et au pire il se retournera contre les agriculteurs, dans la mesure où les distributeurs iront s’approvisionner dans l’UE hors des frontières françaises pour ne pas s’embarrasser avec cet accord.

Nous pouvons par ailleurs déploré aujourd'hui, que la proposition de contrat permettant la vente en circuit très court du céréalier à l’éleveur n’ait pas été retenue par le Ministre de l’Agriculture alors que cette modernisation des transactions céréalières apporterait, elle, un véritable gain de compétitivité à la filière.

Rédigé par Didier

Publié dans #Producteur laitier

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