La PAC du XXIème siècle doit promouvoir une agriculture durable et raisonnable

Publié le 28 Avril 2010

Sans-titre160.jpgLe bio apparaît depuis le Grenelle comme une des grandes priorités de la politique agricole en France. La CR souhaite sortir de l’idéologie un peu simpliste qui consiste à opposer l’agriculture « biologique » et l’agriculture « traditionnelle », pour s’intéresser plus globalement au caractère durable de l’agriculture.

 

Ceci nous amène à prendre en compte l’ensemble des critères – économiques, écologiques et sociaux – sans les opposer entre eux.

 

La dérive de la PAC a amené la spécialisation avec les concentrations d’élevages hors-sol et la rupture avec les assolements agronomiques pouvant aller jusqu’à la monoculture.

Il en résulte des abandons de parcours pastoraux et donc des risques d’incendie de forêts, des utilisations supplémentaires de produits phytosanitaires, des prairies retournées exposant les terres à l’érosion, etc. Cette évolution a ainsi provoqué de gros dégâts à l’environnement.

La PAC n’offre plus de vision à moyen et long terme et les agriculteurs sont livrés à la concurrence sauvage du marché mondial.

Il faut promouvoir une agriculture raisonnable, permise par un contexte économique favorable redonnant aux agriculteurs les indications fiables dont ils ont besoin pour gérer leur exploitation à moyen et long terme.

L’instauration d’un tel contexte ne peut qu’induire un cercle vertueux, bénéfique à l’environnement. C’est bien à la PAC qu’il revient de mettre en œuvre les moyens nécessaires, dans le cadre d’un marché régulé.

Elle doit donner les bons signaux pour produire le maximum de bons effets et éviter le plus possible les effets pervers.
 
La viabilité économique de l’agriculture est garante de l’harmonie sociale et de l’occupation équilibrée des espaces ruraux qui représentent sans conteste un élément incontournable du développement durable.

Un contexte économique favorable permettra aux agriculteurs de préserver l’avenir en évitant des pratiques ayant pour effet de provoquer l’appauvrissement ou l’érosion des sols, de stocker des matières non biodégradables ou de provoquer des pollutions dangereuses pour l’homme et son milieu.
 
Le cercle vertueux de l’agriculture raisonnable

Pour illustrer notre propos de manière plus concrète, on peut tenter de décliner quelques aspects de l’agriculture durable que nous appelons de nos vœux :

Affirmation de la fonction nourricière des agriculteurs (qui a fini par devenir secondaire alors qu’elle devrait rester un principe vital pour toute société),

Prise en compte de la qualité et de la quantité des productions (alors qu’on a parfois l’impression que l’autosuffisance alimentaire est considérée comme un objectif atteint par l’Union Européenne, ce que démentent très clairement les statistiques),

Augmentation des prix agricoles et donc du revenu à l’hectare, moindre pression à la course au rendement du fait de l’augmentation du revenu à l’hectare et donc mises en œuvre de pratiques agricoles « raisonnables » à la recherche de l’optimum et non du maximum,

Amélioration de l’image des agriculteurs auprès des citoyens, pérennité économique des exploitations agricoles et donc remise en valeur du métier d’agriculteur,

Gestion durable de l’espace rural autour d’une agriculture prospère qui est le cœur de cet espace, développement des nouvelles techniques culturales ( TCS : techniques culturales simplifiées),

Remise en valeur de l’agronomie grâce à une incitation par les prix agricoles à réaliser de bonnes rotations agronomiques, accroissement de la biodiversité … 

- La liste est loin d’être exhaustive et l’on voit bien que tous ces facteurs interagissent.

Ainsi, la solution aux problèmes environnementaux liés à l’agriculture n’est pas  dans un développement que l’on pourrait qualifier d’idéologique, de l’agriculture biologique au détriment des autres formes d’agriculture.

D’une part, cela ne serait pas réaliste du fait des fortes contraintes qu’implique le passage en bio (main d’œuvre, coût, rendement) et ses conséquences sur le niveau de production global.

D’autre part, tant que le marché ne sera pas régulé, les producteurs bios français et européens ne pourront pas rivaliser en prix avec les importations à bas coûts (évaluées à 50% de notre consommation) venant de pays tiers et ne pourront pas à terme survivre économiquement.

Rédigé par Didier

Publié dans #Agriculture; Agriculteur

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