Les privilèges des intermédiaires aggrave la faim et détruit l'agricultures du monde

Publié le 14 Avril 2010

Sans-titre12--2-.jpgPour l’OPG et la CR, ce n’est pas en modifiant le régime d’attribution des aides ou en mettant au point de nouvelles formes d’assurance que l’on créera de la valeur ajoutée et donc du revenu pour les producteurs de grains.

 

Si l’on peut agir dans l’urgence sur quelques leviers au niveau national, il ne faut pas oublier que la crise est avant tout européenne.

Au plan national, l’OPG fait 6 types de propositions pour redonner de l’oxygène :

 

-  Supprimer le privilège des organismes collecteurs (OS) et autoriser la libre commercialisation des céréales entres les producteurs et les éleveurs.

-  Revoir la certification des semences de maïs, qui permet aux semenciers de se protéger et de pratiquer une politique de prix trois fois plus élevés que dans d’autres pays.

- Favoriser le développement des produits phyto pharmaceutiques génériques, plus économiques, en simplifiant les autorisations de mise sur le marché (AMM).

-  Supprimer des taxes qui pèsent sur notre compétitivité : CVO recherche en blé tendre, taxe fiscale affectée sur la collecte des céréales, RPD, et réduire fortement les redevances irrigation.

-  Reconnaître la contre performance économique, agronomique et environnementale des CIPAN rendues obligatoires par le dernier programme de la directive nitrates.

-  Développer la TVA sociale en agriculture.

Au niveau européen, il faut savoir que de nombreuses productions voient leurs prix alignés sur celui des grandes cultures et que ce sont donc d’autres secteurs comme les légumes sous contrats, les pommes de terre ou les oignons qui entrent en crise.

Moins directement, mais en parfaite logique, des prix des céréales bas créent des distorsions de concurrence entre viandes qui pénalisent les éleveurs bovins et ovins.
 
Sous prétexte d’une utopique vocation exportatrice, camouflant les capitulations lors des accords commerciaux, l’Union Européenne (UE) a déséquilibré ses productions de grains.

Résultat : nous devons réexporter à bas prix 20 millions de tonnes de céréales par an, en presque totalité sur le continent africain, anéantissant les efforts de production de ses paysans.

Inversement, nous sommes obligés d’importer plus de 50 millions de tonnes d’aliments concentrés du bétail dont une majorité de soja OGM. Nos assolements en souffrent par un manque de cultures de protéagineux.

Les agriculteurs français sont les grands perdants du système, car au lieu de pouvoir vendre à prix rémunérateurs sur le grand marché européen, ils sont condamnés à l’exutoire vers l’Afrique.

Il n’y a plus de préférence communautaire. Les productions françaises ne seront jamais compétitives avec le blé russe, le maïs américain ou le soja brésilien, produits avec des contraintes et des coûts de production bien moins élevés qu’en Europe.
 
Le dossier des bioénergies à base de grains a été pris à l’envers. Au lieu de s’en servir pour réguler les marchés, des filières longues de biocarburants ont été créées et elles ont un besoin impératif d’acheter à très bas prix leurs matières premières car elles ont de gros problèmes de rentabilité.

Alors que l’UE est déficitaire en huile, nous allons consommer dans nos moteurs des huiles estérifiées de grande qualité et importer encore plus d’huile de palme pour notre alimentation.
 
Dans l’esprit de l’adage : « quand le bâtiment, va tout va », Il est important de revoir profondément la PAC pour que les grandes cultures retrouvent leur rôle de locomotive au sein de l’agriculture.
 
L’OPG fait 3 propositions :
 
-  Rééquilibrer en Europe nos productions de grains en faveur des cultures d’oléoprotéagineux en fonction des besoins alimentaires du marché de l’UE.

-  Définir une politique de prix rémunérateurs pour que les producteurs vivent à nouveau du fruit de leur travail (comme toutes les professions) et non d’aides humiliantes.

-  Exclure les produits agricoles des négociations de l’OMC et créer une bourse mondiale d’échange des grains afin que les échanges intercontinentaux soient mis au service de l’ensemble des consommateurs et des agriculteurs au lieu d‘aggraver la faim et de détruire les agricultures du monde.

Comité de suivi des grandes cultures du 14 avril 2010
Intervention de Nicolas Jaquet,

 

CIPAN = Culture Intermédiaires Pièges A Nitrates 
CVO= Cotisation volontaire obligatoire  
RPD = redevance pour pollution diffuse  
AMM = Les Autorisations de mise sur les Marché 
OS = Organisme stocker
PAC = Politique agricole commune
UE = Union Européenne
OPG= Organisation des producteurs de Grains

Rédigé par Didier

Publié dans #Blé info

Repost 0
Commenter cet article

Annonyme 15/04/2010 12:33



Les agriculteurs se passeraient volontiers des primes européennes s'ils pouvaient, si les prix étaient suffisants.


Mais, désormais sous la pression internationale, ils ne le sont pas et chaque crise se traduit par des subventions supplémentaires.


Le système est ainsi construit, de fuite en fuite, d'enveloppe en enveloppe. Jusqu'à quand?