Un agriculteur contre Monsanto

Publié le 1 Février 2010

Évidemment, l’image est facile.  Lui le pot de terre face au pot de fer. Paul François le sait : s’attaquer seul à Monsanto paraît une hardiesse. « Peut-être, admet-il sans fanfaronnade.
Mais j’ai horreur de l’injustice. Il n’y a pas de raison de se taire sous prétexte qu’il s’agit de Monsanto. »Sans-titre105.jpg

Paul François entreprend de vérifier le nettoyage automatique du pulvérisateur avec lequel il a désherbé ses champs de maïs.

L’appareil, qui contient un produit commercial de type Lasso fabriqué par Monsanto, est resté quelques heures au soleil. À l’ouverture, un gaz s’en dégage, que Paul François inhale accidentellement.

Les nausées seront quasi instantanées. Transporté aux urgences, il est pris en charge pour des problèmes respiratoires et perd connaissance. Quand il sort de l’hôpital quatre jours plus tard, il bégaie et souffre d’une amnésie portant sur quelques jours.

Ses problèmes d’élocution dureront plusieurs semaines, couplés à des vertiges et à une fatigue intense.

Pourtant, une expertise commandée au professeur Narbonne, toxicologue, conclut que le chlorobenzène est « directement impliqué dans les syndromes ayant affecté Paul François. »

La fiche toxicologique du produit rapporte qu’il est « un narcotique puissant et un toxique hépatique. » Quant aux effets persistants dans le temps, ils peuvent s’expliquer par « une modification du métabolisme (…) due à l’alachlore ».

Le professeur n’est pas tendre, au reste, avec les centres antipoison. Qualifiant d’aberrant leur refus de procéder à des analyses, il estime que celui-ci relève « au mieux d’une incompétence difficilement croyable, au pire d’une volonté délibérée de ne pas fournir les preuves de l’implication du produit industriel ».

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Rédigé par Tristan

Publié dans #Environnements

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